ACCROCHONS NOS CEINTURES
- Eric Léger
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Lors du premier mandat de Donald Trump. Il était patent qu’il se levait le matin sans savoir ce qu’il allait vraiment décider… ou pas et même faire de sa journée, à part peut-être une partie de golf ou regarder la télé.
Aujourd’hui nous avons appris. Et nous savons maintenant qu’il dit et fait beaucoup d’idioties que nous sommes en présence d’un esprit simple et très limité, comme en atteste ses gestes ou l’étendue de son lexique.
Il est donc étonnant de voir encore des commentateurs, et non des moindre tenter de faire l’exégèse de sa pensée, puisqu’il n’y en a pas, ou lui attribuer le génie de la communication.
La bêtise n’est jamais géniale … en rien. Et il est dangereux de ne pas regarder la vérité en face, car elle est dangereuse cette vérité. La bêtise au service de la première armée du monde est un danger qui ne se mesure pas, car il est illimité. Albert Einstein n’énonçait il pas que c’est bien face à la bêtise humaine qu’il percevait une notion de l’infini… ?
Nous y sommes une nouvelle fois.
Il en est d’autres qui s’inquiètent pour l’avenir de la démocratie, l’état de droit, etc…. c’est un peu tard, car au fond : comment en est-on arrivé là ?
Et s’il faut trouver des origines à cette situation, elle ne sont pas chez Donald Trump. Tout le monde le connaissait. Joe Biden l’a souvent réaffirmé en campagne : nous savions « à qui nous avions à faire ». Même s’il faut reconnaître, comme Barack Obama aujourd’hui, que nous l’avions sous-estimé. L’origine de cette dangereuse dérive vient de plus loin.
Car Donald Trump n’est pas l’origine du problème. Il en est le produit.
L’origine vient d’une classe politique incapable de produire autre chose qu’un individu dénué de morale, de bon sens, de savoir vivre et tout bonnement d’intelligence. Cela fait beaucoup.
La faute aux républicains dont la conquête du pouvoir n’a aucune limite et qui n’a pas hésité à piétiner son histoire, ses racines, ses convictions et permis en toute conscience de faire accéder le pire à la fonction suprême.
Il n’est pas étonnant de voir autour de Monsieur Trump une cour du même acabit. « Qui se ressemble s’assemble ». On doit néanmoins s’interroger sur la présence de Marco Rubio et de quelques autres qui ne sont pas des gens limités ou ignares et qui continuent à soutenir avec servilité leur guide au mépris de toure décence. Ceux-là auront, il faut le craindre, des comptes à rendre un jour.
Du côté démocrate, la situation n’est pas meilleure. Avoir saisi l’immensité du péril à venir et ne pas avoir su agir en conséquence, notamment les intérêts personnels d’un Joe Biden (décrochant trop tard) ou d’une Kamala Harris insuffisamment préparée et insuffisamment charismatique pour faire face à l’ouragan annoncé est une faute.
Comment se fait-il que des deux côtés aucune autre personnalité n’aient pu émerger ?
La faute à un aveuglement d’un côté, à la soif du pouvoir de l’autre. Voilà à quels moments la démocratie a été abimée. On ne peut reprocher aux électeurs de choisir parmi les options qui leur sont proposées. En revanche On peut reprocher aux partis de ne pas être suffisamment responsabilisé sur la désignation de leur candidat.
Nous pouvons aisément traverser l’atlantique pour jeter un œil sur la préparation de notre prochaine échéance électorale. Que voyons-nous ?
Il est, en réalité, tout aussi alarmant de voir ce qui se prépare. Puisqu’il se prépare, la même chose… même si à ce jour nous n’avons pas de clône de Trump dans notre paysage politique. Mais le risque est le même et les conséquence sont aussi désastreuses. La dernière échéance des municipales a bien montré à gauche que la conquête du pouvoir pouvait aisément s’accommoder du reniement de sa parole, de la pactisation avec des personnes véhiculant des idées et des postures condamnables et maintes fois condamnées, par ceux -là même qui ont fini par s’y associer. Voilà où la démocratie est abimée !
La parole politique n’a plus de poids car elle est dénaturée, vidée de son sens. La pensée n’est plus. Seule la girouette des sondages et des sièges convoités servent de boussole.
De l’autre côté de l’échiquier, nous voyons revenir au galop la droite la «plus bête du monde » où chacun y va de son petit intérêt de boutiquier au mépris de l’intérêt général qui devrait conduire à une unique candidature.
On déroute la confiance des électeurs en hypothéquant les chances d’une présence au second tour et ce dans un amas de disputes et de déchirements à venir. Promesses surement tenues celle-là !
Ne nous moquons pas des américains. Nous sommes pareils
Les atteintes à la démocratie ne viennent pas uniquement des individus. Elles viennent aussi — et peut-être surtout — des partis et de ceux qui les dirigent.
Pour la France même si 2027 est « demain », à l’échelle de ce que nous vivons, c’est encore loin. D’ici là nous aurons les mid-term aux états unis. Elles pourraient être le vrai crash test pour les institutions et la démocratie américaine. Attachons nos ceintures.




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