Iran : le pari dangereux de l'inconnu
- Eric Léger
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

La guerre actuelle soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Sur le plan géopolitique, une interrogation centrale demeure : vaut-il mieux gérer un État "voyou", s’accommoder des soubresauts de son instabilité et tenter d’en contenir les dangers ? Ou bien faut-il chercher à le faire disparaître, au risque de voir surgir une hydre incontrôlable, faite de guerres asymétriques et de menaces terroristes diffuses — un terrain que l’Occident connaît déjà trop bien et pour lequel il a payé un lourd tribut ?
Le pari que semblent aujourd’hui faire les États-Unis, sous le regard de la communauté internationale, apparaît comme une aventure aux contours incertains et aux risques considérables. Car l’histoire récente nous rappelle une constante : les régimes tombent soit sous la pression d’une intervention terrestre, soit sous l’effet d’une insurrection populaire… à condition que cette population ait les moyens de se défendre et de s’organiser.
D’où une autre question, plus troublante encore : comment se fait-il que la CIA, pourtant experte dans ce type de scénarios, n’ait pas préparé davantage les conditions permettant à la population iranienne d’agir plus efficacement ?
Une dernière interrogation concerne le jeu de cache-cache autour de Mojtaba Khamenei. Désigné comme cible prioritaire par Israël et les États-Unis, il ne sera probablement pas aussi simple à localiser que son père. Les dirigeants apprennent généralement de leurs erreurs.
Le délai observé par les mollahs avant d’annoncer leur choix lors de la désignation du guide suprême — interprété par certains comme un signe d’hésitation — n’était-il pas en réalité un temps précieux utilisé pour organiser sa mise à l’abri, peut-être même son exfiltration à l’étranger ?
Reste alors une question simple.
Mais où ?
« Soyez subtil jusqu’à l’invisible. »— Sun Tzu
En temps de guerre, l’incertitude est souvent la seule certitude.



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